Christophe Demazière

PLAIDOYER POUR LES VILLES PETITES ET MOYENNES

Christophe Demazière est professeur en aménagement du territoire à l'Université François-Rabelais de Tours. Mais il est aussi un spécialiste connu et reconnu dans toute l'Europe des dynamiques urbaines, auteur de nombreux travaux de recherche et d'étude. Invité lundi soir à Torcy par l'Agence d'Urbanisme Sud Bourgogne dans le cadre du cycle 2016 des Débats d'Urba, il a plaidé pour la prise en compte de l'existence et des spécificités des petites villes et des villes moyennes.

Le conférencier est parti d'un constat: les politiques territoriales privilégient depuis plusieurs années les métropoles, foyers de la croissance économique et la plupart du temps sièges de l'innovation. L'Ile de France concentre à elle seule 20% de la population française et 30% du PIB national. C'est dans les treize plus grandes aires urbaines que l'emploi s'est le plus développé et que se concentrent les efforts de la puissance publique pour permettre à nos agglomérations importantes de tenir leur place sur l'échiquier européen. Cependant, il ne faudrait pas oublier le réseau dense des petites villes et des villes moyennes qui maille le territoire, et où réside tout de même le quart de la population du pays. "Il faut faire quelque chose pour éviter le risque de décrochage" a alerté Christophe Demazière. Le conférencier s'est attaché à définir la notion de ville petite et moyenne. Sont ainsi considérées comme "petites villes" les unités urbaines (c'est à dire, dans la plupart des cas, les intercommunalités) accueillant entre 5 000 et 20 000 habitants, et comme "villes moyennes" celles où résident entre 20 000 et 100 000 personnes. Chaque pays européen utilise sa propre échelle: "les villes petites et moyennes s'arrêtent en France où commencent les villes moyennes en Allemagne" a affirmé Christophe Demazière. Importantes par la population qu'elles rassemblent et par les fonctions qu'elles assument, ces villes à taille humaine contribuent à un aménagement équilibré du territoire. Leurs élus et la puissance publique ont désormais un défi à relever: celui de la croissance économique et de la valorisation de leurs atouts, pour enrayer le déclin démographique qui affecte nombre d'entre elles, notamment en Saône-et-Loire. 

En l'absence du président Philippe Baumel, excusé, le vice-président de l'AUSB Daniel Duplessis a présenté Catherine Trebaol, qui succède à Anne-Michel Donnet à la direction de l'Agence. Ancienne élève du professeur Demazière, Mme Trebaol a évoqué les travaux conduits par le conférencier dans les villes de 5000 à 50 000 habitants de tous les pays d'Europe. 

Interview de Christophe DEMAZIERE